Nous avons cité dans le chapitre précédent certains hadiths qui obligent les croyants à purifier les choses souillées. A ce propos, l’auteur d’al-madarik a dit: «La purification du corps ou du vêtement (lorsque l’impureté de ceux-ci n’est pas celle tolérée pendant la prière) n’est obligatoire que pour celui qui veut faire la prière ou faire le tour obligatoire de la Kaâba. Ce qui prouve que la pureté du corps et des vêtements n’est nécessaire que lorsqu’on veut accomplir la prière c’est al-ijma‘ (la conformité des avis des jurisconsultes) et les nombreux hadiths qui obligent le croyant à purifier son corps et ses vêtements lorsqu’ils sont souillés…» [96]
Si la loi islamique oblige le croyant à être propre avant d’entamer la prière, c’est parce que celle-ci constitue une liaison entre le croyant et Dieu.
Celui qui ignore que son corps ou son vêtement est impur
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (a.s) ce que devra faire un homme s’il voit du sang sur le vêtement de son frère au moment où celui-ci fait la prière, et l’Imam (a.s) a dit: «Il ne devra pas le déranger, [il devra attendre] jusqu’à ce qu’il termine sa prière.» [97]
Si on voit une impureté sur le corps ou sur le vêtement de quelqu’un au moment où celui-ci accomplit la prière, on ne sera pas obligé de l’informer; on pourra même l’imiter dans sa prière si on est certain qu’il ignore la présence de l’impureté sur son corps ou sur son vêtement.
L’Imam as-Sadiq (a.s) a dit:«Si un homme fait la prière avec un vêtement souillé de sang en ignorant [la présence du sang sur son vêtement], alors il ne sera pas obligé de refaire la prière. Et s’il était au courant [de la présence du sang sur son vêtement] avant d’entamer la prière, mais, par oubli, il a fait la prière [avec le même vêtement], alors il devra la refaire.» [98]
1-Si quelqu’un sait qu’il y a une impureté sur son corps ou sur son vêtement, et sait que la présence de l’impureté sur le corps ou sur le vêtement rend la prière incorrecte, et malgré ça, il fait la prière, alors sa prière sera incorrecte. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
2- Si quelqu’un est au courant de la présence de l’impureté sur son corps ou sur son vêtement, mais il ignore que la présence de l’impureté sur le corps ou sur le vêtement rend la prière incorrecte, alors sa prière sera incorrecte. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
3-Si quelqu’un sait que la présence de l’impureté sur le corps ou sur le vêtement rend la prière incorrecte, mais il ignore que son corps ou son vêtement est devenu impur, alors sa prière sera correcte. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
4- Si quelqu’un est au courant de la présence de l’impureté sur son corps ou sur son vêtement, et il sait que la présence de l’impureté rend la prière incorrecte, mais il a oublié d’enlever cette impureté-là avant de faire la prière, alors il devra refaire la prière. En cela, les jurisconsultes sont tous du même avis.
Si dans les fetwas précédentes l’oubli n’est pas considéré comme une excuse valable, c’est parce que celui qui a oublié est un individu informé. Et si la prière d’une personne qui ignore la présence de l’impureté est considérée comme correcte, c’est parce que celui qui veut faire la prière n’est pas obligé de vérifier si son corps et ses vêtements sont purs ou pas. Quant à celui qui ignore que la présence de l’impureté rend la prière incorrecte, il devra refaire la prière, car il est obligé d’apprendre les préceptes de la loi islamique, à moins qu’il ne soit incapable de le faire.
Celui qui est contraint de faire la prière avec un vêtement impur
Quelqu’un a demandé a l’Imam as-Sadiq ce que doit faire un homme qui ne dispose que du vêtement dans lequel il a éjaculé, ou qui a été souillé d’urine, et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il n’a que ce vêtement-là, il pourra faire la prière avec.» [99]
Quelqu’un a demandé à l’Imam al-Kadhim (a.s) ce que devra faire un homme nu s’il trouve au moment de la prière un vêtement complètement (ou partiellement) souillé de sang, et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il trouve de l’eau, alors il devra le laver, sinon il pourra faire la prière avec. Mais il ne devra pas la faire nu.» [100]
D’après le premier hadith, si quelqu’un est contraint de faire la prière avec un vêtement impur (parce que le froid l’empêche de l’enlever ou de le laver), alors sa prière sera correcte et il ne sera obligé de la refaire s’il trouve un vêtement pur par la suite. Et d’après le deuxième hadith, s’il ne peut pas purifier son vêtement mais il peut l’enlever et faire la prière nu, alors il devra prier avec le même vêtement, et sa prière sera correcte. Cet avis est adopté par l’auteur d’al-‘ourwa al-wouthqa, as-Sayyid al-Hakim et as-Sayyid al-Kho’i.
Lorsqu’on n’arrive pas à distinguer le vêtement pur du vêtement impur
Quelqu’un a dit à l’Imam ar-Rédha (a.s): «que doit faire un homme qui ne sait pas lequel de ses deux vêtements est souillé d’urine, sachant qu’il n’a pas d’eau pour les laver et qu’il craint de rater la prière?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il devra faire la prière avec les deux vêtements.» [101] C’est-à-dire, il devra prier deux fois, et à chaque fois avec un seul vêtement, et cela pour qu’il soit sûr d’avoir prié avec un vêtement pur. En cela, les jurisconsultes sont tous d’un même avis.
Lorsque l’eau n’est pas en quantité suffisante
Si quelqu’un n’a pas suffisamment d’eau pour faire les ablutions, et enlever l’impureté, alors il devra enlever l’impureté avec l’eau dont il dispose et faire at-tayammoum pour la prière car, dans un cas pareil, on peut faire at-tayammoum à la place des ablutions, par contre l’enlèvement de l’impureté ne peut être remplacé par aucune chose.