4-Le sang
L’Imam as-Sadiq (a.s) a dit: «Si, sans se rendre compte, quelqu’un fait la prière avec un vêtement taché par du sang, alors il n’aura pas besoin de refaire sa prière; et s’il était au courant [de la présence de la tache de sang], mais à cause de l’oubli il a prié avec le même vêtement, alors il devra refaire la prière.» [48]
Quelqu’un a interrogé l’Imam as-Sadiq à propos du sang des puces, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a pas de mal à cela.» Puis la même personne lui a dit: «Et s’il est en abondance?» L’Imam (a.s) lui a dit: «Même s’il est en abondance.» [49]
Le sang (quelle que soit sa quantité) provenant d’un animal dont le sang jaillit lorsqu’on l’égorge est impur, que cet animal soit un animal dont il est permis de consommer la chair ou pas.
Y a-t-il une règle générale permettant de dire que tout sang est impur, sauf quelques exceptions (comme le sang qui reste dans le corps d’une bête égorgée ou celui d’un animal dont le sang ne jaillit pas lorsqu’on l’égorge)?
La plupart des jurisconsultes nient l’existence d’une telle règle. Ceux qui disent qu’une telle règle existe s’appuient sur le hadith où l’Imam as-Sadiq (a.s) a dit: «Tout eau dont les oiseaux boivent peut être utilisée dans les ablutions, sauf si on voit du sang dans le bec d’un oiseau.» [50] C’est-à-dire ce sang-là doit être considéré comme impur même si on ignore son origine.
Ceux qui n’admettent pas cet avis disent que ce hadith ne veut pas dire qu’un tel sang doit être considéré comme impur, mais il veut simplement dire que si on sait que ce sang-là est impur, alors tout ce qui entrera en contact avec lui deviendra impur.
A propos de la bête égorgée
La plupart des jurisconsultes disent que le sang qui reste dans le corps d’une bête égorgée après la sortie de la quantité habituelle est pur. Leur preuve est le principe selon lequel la loi islamique ne prescrit jamais ce qui est embarrassant.
5- Le cadavre
A propos d’un puits où l’on trouve un cadavre, l’Imam as-Sadiq (a.s) a dit: «Si le puits a une odeur qui se répand, alors il faudra évacuer vingt seaux [de son eau].» [51]
Quelqu’un a interrogé l’Imam as-Sadiq (a.s) à propos des insectes (comme la mouche, la fourmi,…) qui meurent dans un puits ou dans la graisse, et l’Imam (a.s) lui a répondu: «Il n’y a pas de mal à tout ce qui n’a pas de sang.» [52] Il a dit dans un autre hadith: «Rien ne peut altérer l’eau, sauf [un animal] qui a un sang coulant.» [53]
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le cadavre de tout animal ayant un sang coulant est impur, que ce soit un être humain (même un fœtus avorté), ou bien une bête. Toutefois après les ablutions du mort, le corps de l’homme devient pur. Quant à l’animal n’ayant pas de sang coulant (comme le serpent, la sauterelle,…), il reste pur même après la mort.
Les jurisconsultes sont aussi unanimes à dire que les parties du cadavre qui n’ont pas de sang (comme les ongles, les cornes, la laine,…) sont pures, sauf celles des animaux impurs, comme le chien et le cochon. A ce propos, l’Imam as-Sadiq (a.s) a dit: «Il n’y a pas de mal à faire la prière avec un vêtement fait de laine de cadavre, car la laine n’a pas d’âme.» [54]
L’expression «Car la laine n’a pas d’âme» est la preuve que toutes les parties n’ayant pas de sang son pures.
Question: Si une partie d’un animal vivant est retranchée de celui-ci, sera-t-elle impure?
Réponse: Certains jurisconsultes disent qu’elle restera pure, d’autres disent qu’elle deviendra impure. Les premiers s’appuient sur la règle at-tahara, et les derniers s’appuient sur le principe d’al-ihtiyat (la précaution). Mais il va sans dire que la précaution ne peut jamais servir de preuve. Et c’est pour cette raison que l’auteur de l’ouvrage intitulé al-madarik a dit:
«La conclusion qu’on pourra tirer de ces hadiths est que les cadavres sont impurs. Et cela ne s’applique sûrement pas aux parties séparée d’un corps vivant.» [55]
La caillette et la boîte de musc
Quelqu’un a demandé a l’Imam as-Sadiq (a.s) son avis à propos de la caillette d’un chevreau mort, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a pas de mal.» Quelqu’un lui a demandé aussi son avis à propos du lait extrait de la mamelle d’une brebis morte, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a pas de mal.» [56]
Quelqu’un a demandé à l’Imam al-Kadhim (a.s) son avis à propos de quelqu’un qui a fait la prière tout en ayant dans sa poche une boîte de musc, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a pas de mal.» [57]
La caillette [58]est l’estomac du chevreau qui ne se nourrit que du lait. Elle sert à faire du fromage. La boîte de musc est une peau qu’on retrouve dans le corps du cerf et qui contient du sang ayant une bonne odeur.
En s’appuyant sur les hadiths précédents ainsi que sur d’autres hadiths, les jurisconsultes ont dit que la boîte de musc et la caillette sont pures même si elles proviennent d’un cadavre. Ils ont dit la même chose à propos du lait qu’on retrouve dans la mamelle d’un animal dont il est permis de manger la chair.
Ce qui est en la possession de musulman
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (a.s) son avis à propos des babouches qu’on vend dans le marché, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Tu peux les acheter, et tu peux prier avec elles, sauf si tu sais [que le cuir dont elles sont faites est celui d’un cadavre].» [59]
Quelqu’un lui a demandé aussi si on peut prier avec un manteau de fourrure qu’on achète au marché sans savoir si cette fourrure provient d’une bête égorgée conformément à la loi islamique ou pas, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Oui! Vous n’avez pas à vous enquérir [de l’origine de la marchandise]. A cause de leur ignorance, les Kharijites se sont mis dans une situation pénible. La religion [musulmane] est au-dessus de cela.» [60]
C’est pour cela que les jurisconsultes considèrent comme purs tout cuir et toute viande qui sont en possession d’un musulman, ou qui ont été achetés dans un marché où la plupart des commerçants sont musulmans.
Les jurisconsultes considèrent également comme purs tout cuir et toute viande trouvés par terre en terre d’islam, mais à condition qu’ils aient une trace indiquant qu’ils avaient un propriétaire.
Dans le premier volume de son ouvrage intitulé al-moustamsak (paragraphe: l’impureté du cadavre), as-Sayyid al-Hakim a dit: «Si un musulman devient propriétaire [d’un objet en cuir] qui appartenait à un infidèle (comme le cuir qu’on importe aujourd’hui des pays non musulmans), alors on pourra dire que la possession de cet objet-là par le musulman est un signe que [le cuir dont il est fait] provient d’un animal égorgé conformément à la loi islamique. Kachif al-ghita‘ a dit: «[Le cuir] importé d’un pays non musulman comme le Portugal [est considéré comme pur], mais à condition qu’il soit reçu de la main d’un musulman.» Quant à l’auteur d’al-djawahir, il a dit: «la conclusion qu’on peut tirer des hadiths est la suivante: toute chose qu’on reçoit de la main d’un musulman est pure, même si on sait qu’elle était en possession d’un infidèle..»» Puis as-Sayyid al-Hakim a dit: «Ce que l’auteur d’al-djawahir a dit est pertinent.» [61]
Le pus et la vomissure
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq ce que doit faire une personne ayant un abcès lorsque celui-ci éclate pendant la prière, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il doit essuyer [le pus avec sa main], puis frotter celle-ci contre le mur ou contre le sol; et il ne doit pas interrompre sa prière.» [62] Quelqu’un lui a demandé aussi si on peut faire la prière avec un vêtement sur lequel on a vomi et qu’on n’a pas encore lavé, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il n’y a pas de mal à cela.» [63]
Les jurisconsultes sont unanimes à dire que le pus et la vomissure sont purs.
6 et 7- Le chien et le porc
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (a.s) son avis à propos du chien, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il est sale et impur. Tu ne dois pas te servir de l’eau dont il a bu pour faire les ablutions; il faut la verser. [Pour le récipient], il faut d’abord le frotter avec la terre, ensuite il fait le laver avec de l’eau.» [64]
Quelqu’un a demandé à l’Imam al-Kadhim (a.s) ce qu’on doit faire d’un récipient dans lequel un porc a bu, et l’Imam (a.s) lui a dit: «Il faut le laver sept fois.» [65]
Les jurisconsultes ont dit que le chien et le porc sont impurs; et ils n’ont pas exclu les parties insensibles de leurs corps comme les poils.