Quelqu’un dit à l’Imam as-Sadiq (a.s): «Comment doit faire les ablutions un homme qui, à cause d’une fracture, a plâtré son avant-bras ou une autre partie concernée par al-woudho’?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il veut faire les ablutions, il devra prendre un récipient contenant de l’eau, puis il devra mettre la partie plâtrée dans cette eau-là jusqu’à ce que l’eau atteigne sa peau. [S’il fait cela], il n’aura pas besoin d’enlever le plâtre.» [172]
Quelqu’un lui a dit aussi: «Comment doit faire les ablutions un homme qui a pansé la plaie qu’il a dans son bras ou dans l’une des autres parties concernées par al-woudho’?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Si l’eau lui fait mal, il devra [seulement] passer sa main sur le pansement; et si elle ne lui fait pas mal, alors il devra enlever le pansement et laver la plaie.» [173]
La même personne a dit à l’Imam as-Sadiq (a.s): «Comment doit-on laver la blessure?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: «Lave ce qui est autour d’elle.» [174]
Si quelqu’un sait que l’enlèvement du bandage (ou du plâtre) n’est pas préjudiciable pour la plaie (ou la fracture), alors il ne devra pas se contenter de passer la main sur le bandage (ou sur le plâtre). C’est-à-dire il devra enlever le bandage (ou le plâtre) qui couvre la partie blessée, puis laver celle-ci (si elle est l’une des parties qu’on lave) ou passer la main dessus (si elle est l’une des parties sur lesquelles on passe la main). Et s’il sait que l’enlèvement du bandage (ou du plâtre) est préjudiciable pour la plaie (ou la fracture), alors il devra seulement passer la main sur le bandage (ou sur le plâtre), mais à condition que celui-ci ne dépasse pas excessivement la plaie.
De ce qui précède, découle ceci:
1- Si tout le corps ou toutes les parties concernées par al-woudho’ sont bandés ou plâtrés, alors il faudra faire at-tayammoum à la place des ablutions. La preuve pour cela est le verset: «Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l’un de vous revient du lieu où il a fait ses besoins, ou si vous avez touché à des femmes et vous ne trouviez pas d’eau, alors recourez à une terre pure.» [175] En outre, les hadiths précédents ne concernent sûrement pas un cas pareil.
2- Si on peut laver la partie bandée sans enlever le bandage (c’est-à-dire soit en la trempant dans l’eau, ou bien en versant plusieurs fois de l’eau sur le bandage), alors on devra le faire. Toutefois, si on sait que l’eau est préjudiciable pour la plaie ou on sait qu’elle deviendra impure au contact de celle-ci, alors on devra seulement passer la main sur le bandage.
3- Si la plaie n’est pas pansée, et on sait que l’eau est préjudiciable pour celle-ci, alors on devra mettre un morceau de tissu pur sur elle et passer la main dessus.
4- On peut bander la plaie avec une chose qu’on ne pas mettre sur le corps pendant la prière (comme un tissu de laine), mais à condition que cette chose-là soit licite (c’est-à-dire elle ne devra pas être une chose volée) et pure (pour pouvoir passer la main dessus).
A propos de cette fetwa, as-Sayyid al-Hakim a dit dans al-moustamsak: «Il n’y a aucun problème en cela; et les hadiths concernant le bandage exigent [une telle fetwa].» [176]
5- Si l’une des parties du corps concernées par al-woudho’ est saine, mais elle est souillée d’une impureté qu’on ne peut pas enlever, alors on devra faire at-tayammoum au lieu des ablutions. C’est-à-dire on ne peut pas faire al-woudho’ comme on le fait lorsqu’on a une plaie ou une fracture. Mais si la partie souillée d’une telle impureté n’est pas l’une des parties concernées par al-woudho’, alors on devra faire les ablutions.
6- S’il ne reste aucune raison pour ne pas enlever le bandage pendant les ablutions, on ne sera pas obligé de refaire la prière qu’on a faite lorsqu’on était dans l’état où l’enlèvement du bandage était préjudiciable pour la plaie ou la fracture, et cela même s’il n'est pas trop tard pour refaire la prière.
7- Supposons que quelqu’un a gardé al-woudho’ qu’il avait fait au moment où il ne pouvait pas enlever le bandage, et maintenant il ne reste aucune raison pour ne pas l’enlever pendant les ablutions, alors pourra-t-il faire la prière sans refaire les ablutions?
Réponse: Il ne pourra pas faire la prière avec ce woudho’-là; il devra refaire les ablutions, car al-hadath ne peut être enlevé que par les ablutions qui sont faites d’une manière correcte. En ce qui concerne al-woudho’ qui est fait d’une manière incomplète, il n’est considéré comme correcte que dans certaines circonstances, et cela pour permettre au croyant de faire la prière. Et il va sans dire que lorsqu’on peut faire correctement les ablutions (comme dans notre cas), on ne peut pas se contenter des ablutions qui sont faites d’une manière incomplète.
8- Supposons que quelqu’un s’est contenté de passer sa main sur le bandage, parce qu’il croyait que l’usage de l’eau serait préjudiciable pour sa blessure, mais il s’est rendu compte par la suit que l’enlèvement du bandage et l’usage de l’eau n’étaient pas préjudiciables pour sa blessure, alors son woudho’ est-il correct?
Supposons maintenant que quelqu’un a lavé la partie blessée, parce qu’il croyait que l’usage de l’eau ne serait pas préjudiciable pour sa blessure, mais il s’est rendu compte par la suite que l’usage de l’eau était préjudiciable pour sa blessure, alors son woudho’ est-il correct?
Réponse: Certains jurisconsultes ont dit que al-woudho’ est incorrect dans les deux cas, car il ne suffit pas de croire que telle action est faite d’une manière correcte pour qu’elle soit considérée comme correcte; il faut qu’elle soit réellement faite d’une manière correcte.
Quelqu’un a dit: «Ce qui compte c’est la conviction et non pas la réalité.»
Nous, nous n’admettons pas ce dernier avis, car les préceptes de la loi islamique dépendant seulement de la réalité; et celui qui pense que c’est la conviction du croyant qui détermine le précepte doit fournir une preuve.
Dans misbah al-faqih, cheikh al-Hamedani a dit: «Cette question est épineuse; elle nécessite une réflexion profonde. Dans un cas pareil, il convient d’agir conformément au principe de la précaution.» [177]
Lorsqu’on doute que l’eau puisse atteindre la peau
Si quelqu’un doute que l’eau puisse atteindre toutes les parties concernées par al-woudho’ (parce qu’il croit que quelque chose s’est collé à l’une de ces parties-là), que devra-t-il faire?
Réponse: Il devra vérifier toutes les parties concernées par al-woudho’ pour qu’il soit sûr qu’il n’y a aucune chose susceptible d’empêcher l’eau d’atteindre ces parties-là, car selon la règle établie par les jurisconsultes, on ne pourra être libéré d’une obligation que si on est certain de l’avoir accomplie.
Cette règle s’applique dans tous les domaines du fiqh. Par exemple, si quelqu’un sait avec certitude qu’il doit de l’argent à une personne, mais il croit qu’il s’est acquitté de sa dette, alors il devra s’assurer qu’il a vraiment remboursé sa dette, car la certitude ne peut être enlevée que par une autre certitude. Toutefois, si quelqu’un pense qu’il a une dette (c’est-à-dire il n’est pas sûr qu’il est endetté), alors il n’aura pas besoin de vérifier.
Celui qui souffre de l’incontinence
Quelqu’un a demandé à l’Imam as-Sadiq (a.s) ce que doit faire un homme qui ne peut pas contrôler ses émissions d’urine, et l’Imam (a.s) lui a dit: «S’il est incapable de retenir son urine, alors ce sera à Dieu de lui excuser. [Mais] il devra se servir d’un sac.» [178] C’est-à-dire il devra attacher un sac à son membre.
Quelqu’un lui a dit: «Que devra faire un homme si, au moment où il fait la prière, il ressent une douleur dans son ventre, ou n’arrive pas à retenir son urine?» Et l’Imam (a.s) lui a dit: « [Si quelqu’un se retrouve dans un tel état], alors il pourra sortir pour faire ses besoins. Après cela, il devra, faire ses ablutions et reprendre sa prière par où il l’a interrompue, à moins qu’il ne l’ait déjà rompue en parlant.» [179]
L’Imam al-Baqir (a.s) a dit: «Si quelqu’un n’arrive pas à retenir ses excréments, il devra [aller] faire les ablutions, puis revenir pour terminer sa prière.» [180]
Si l’incontinent sait qu’à tel moment il pourra retenir ses excréments ou son urine pendant une durée suffisante pour faire les ablutions et la prière, alors il devra attendre ce moment-là pour les faire. Et s’il sait que son incontinence n’a pas de répit, alors, à chaque prière, il devra mettre de l’eau près de lui pour qu’il puisse faire les ablutions sur place (c’est-à-dire si al-hadath survient au moment où il fait la prière, il pourra faire al-woudho’ tout en ayant le corps orienté vers al-qibla); ensuite il devra reprendre sa prière par où il l’a interrompue. Mais s’il ne peut pas faire cela (parce que cela le met dans une situation embarrassante); alors il pourra se contenter d’un seul woudho’ pour chaque prière (c’est-à-dire si al-hadath survient au moment où il fait la prière, il n’aura pas besoin de refaire les ablutions). Toutefois, il ne devra pas faire deux prières avec un seul woudho’.
Peut-être, certains diront: «Sur quoi les jurisconsultes se sont-ils appuyés pour dire qu’il ne doit pas faire deux prière avec un seul woudho’?»
A ceux-là nous dirons ceci: il est évident que les hadiths qui disent que l’incontinent peut se contenter d’un seul woudho’ ne concernent que la prière pendant laquelle survient al-hadath.